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Virgin Territory Live: Intoxication of Unbridled Youth

By Sonia Bos-Jucquin

ThéâToile, 3 July 2017

Dans le cadre des Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, le Théâtre Mains d’œuvres de Saint-Ouen a accueilli pour deux représentations la compagnie Vincent Dance Theatre venue tout droit du Royaume-Uni. Multipliant les séquences qui alternent humour et malaise, la pièce, pour la première fois en France, interroge un univers contemporain où le virtuel baigne d’illusions les jeunes générations d’aujourd’hui.

Le dispositif quadri-frontal entoure une pelouse synthétique. Des bruits d’aboiements féroces nous parviennent au moment où un quatuor d’interprètes entre à quatre pattes. Ils se cherchent et sont très joueurs. Ce sont les prédateurs. Certains se battent, se mordent jusqu’à ce que deux écolières viennent les séparer. « Il n’y a pas d’issue ce soir… aucune échappatoire… nulle part où se cacher ». En effet, difficile de se dérober aux regards, y compris dans notre société actuelle qui érigent les images en modèle. Les petites filles se rêvent en bimbo siliconée. Il est loin le temps où la poupée Barbie faisait pétiller les yeux des enfants. Dorénavant, c’est l’outrance et la libération sexuelle qui inondent leur existence baignée dans la pornographie et les apparences trompeuses.

La pièce de Charlotte Vincent a été créée en 2015 pour huit danseurs. Elle aborde des thèmes concrets, bien ancrés dans notre époque où le réel et le virtuel se confondent. Les individus sont exposés de plus en plus jeunes à des images qui prolifèrent sur les réseaux sociaux à la vitesse d’un cheval au galop. Il est évident que le regard critique porté sur la situation a dans le collimateur les médias qui participent activement à la propagation. Toute la scénographie vise à immerger le spectateur dans un monde où la virtualité est reine de la suggestion. Tout est faux, illusion, poudre aux yeux. Nous nous surprenons à sourire en voyant les plus jeunes imiter leurs aînées avec une perruque blonde, des talons hauts, une robe rose bien trop moulante pour leurs formes naissances et un fessier assorti à une poitrine généreuse, rebondi par des ballons de baudruche. Le déhanchement sexy et suggestif évoque les clips qui tournent en boucle dans les foyers. Cependant, nous sommes au bord du malaise face à d’autres scènes, que ce soit des évocations de violence ou des dialogues entre un pédophile et des bambins naïfs. Les adultes, censés aider et protéger, sont mis à l’écart de la parole : « Ils ne savent pas la moitié des choses […] Ils pourraient nous apprendre à nous défendre ».

Virgin Territory est une succession de courtes scènes comme des métaphores animant les stéréotypes qui rythment notre quotidien. Les corps sont propulsés dans l’arène formée par le public. Nous sommes au cœur d’un microcosme peignant notre société, entre violence et selfies, explicite et implicite. Viols, drogues et jeux d’adultes tombent comme une avalanche de prédateurs. Dans ce monde où tout va trop vite, les interprètes se heurtent à la vie et s’épuisent, accablés par les nouvelles technologies qui rehaussent ce phénomène. Les danseurs apparaissent, disparaissent, sont sous nos yeux comme des marchandises répondant à l’offre et à la demande. Nous sommes en position inconfortable de voyeurisme malsain, nous poussant au questionnement : quels modèles pour une génération hyper connectée en perdition ? Virgin Territory est une pièce chorégraphiée avec un vrai propos, choc, qui nous pousse à regarder en face ce que l’on occulte par facilité et sensibilise aux dangers du virtuel. Un monde pervertit pour lequel il est urgent de tirer la sonnette d’alarme afin d’avertir des dangers qui planent en investissant au mieux le territoire pour y planter de belles choses comme des grains du futur. Un cri nécessaire pour laisser le temps au temps et donner l’opportunité aux enfants de grandir sereinement en ayant une véritable enfance.

 

As part of the Rencontres Chorégraphiques Internationales in Seine-Saint-Denis, the Théâtre Mains d’oeuvres in Saint-Ouen hosted Vincent Dance Theater from the United Kingdom for two performances. Multiplying the sequences that alternate humor and malaise, the play, for the first time in France, questions a contemporary universe where the virtual illuminates the younger generations of today.

The four-frontal device surrounds a synthetic lawn. Fierce barking sounds reach us as a quartet of performers comes on all fours. They seek and are very players. These are the predators. Some fight, bite until two schoolgirls come to separate them. “There is no way out tonight … no escape … no where to hide”. Indeed, it is difficult to escape the gaze, even in our society today, who put images in a model. Little girls dream in siliconized bimbo. It is far from the time when the Barbie doll was sparkling children’s eyes. From now on, it is the excesses and sexual liberation that flood their existence bathed in pornography and deceitful appearances.

Charlotte Vincent’s play was created in 2015 for eight dancers. It deals with concrete themes, well anchored in our time when reality and the virtual are confused. Individuals are increasingly exposed to images that proliferate on social networks at the speed of a galloping horse. It is clear that the critical eye on the situation has in the sights the media that actively participate in the spread. The whole scenography aims at immersing the viewer in a world where virtuality is the queen of suggestion. Everything is false, illusion, powder in the eyes. We find ourselves smiling when we see the younger ones imitating their elders with a blonde wig, high heels, a pink dress that is way too tight for their birth and a butt assorted to a generous chest, Bounced by balloons of balloon. The sexy and evocative sway evokes the clips that loop around the hearths. However, we are on the verge of unease in the face of other scenes, be it evocations of violence or dialogues between a pedophile and naive toddlers. Adults, supposedly helping and protecting, are sidelined: “They do not know half the things … They could teach us how to defend ourselves.”

Virgin Territory is a succession of short scenes as metaphors animating the stereotypes that punctuate our daily lives. The bodies are propelled into the arena formed by the public. We are at the heart of a microcosm painting of our society, between violence and selfies, explicit and implicit. Rape, drugs and adult games fall like an avalanche of predators. In this world where everything is going too fast, the performers run up against life and are exhausted, overwhelmed by the new technologies that enhance this phenomenon. The dancers appear, disappear, are before our eyes as commodities responding to supply and demand. We are in an uncomfortable position of unhealthy voyeurism, pushing us to questioning: What models for a hyper connected generation in perdition? Virgin Territory is a piece choreographed with a real shock, which pushes us to look in front of what is occult by ease and sensitizes to the dangers of the virtual. A perverted world for which it is urgent to sound the alarm to warn of the dangers that hang by investing the territory to the best to plant beautiful things like grains of the future. A cry necessary to leave time to time and give children the opportunity to grow serenely by having a real childhood. A perverted world for which it is urgent to sound the alarm to warn of the dangers that hang by investing the territory to the best to plant beautiful things like grains of the future. A cry necessary to leave time to time and give children the opportunity to grow serenely by having a real childhood. A perverted world for which it is urgent to sound the alarm to warn of the dangers that hang by investing the territory to the best to plant beautiful things like grains of the future. A cry necessary to leave time to time and give children the opportunity to grow serenely by having a real childhood.

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